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La Passion de Sainte Jeanne d’Arc Documentaire
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4 juin 2020

SUR LES TRACES DE SAINTE JEANNE

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Pour la réalisation du documentaire, HM Télévision a effectué un voyage de onze jours à travers toute la France, en septembre 2019. Une visite des lieux liés à la vie et à la mission de Sainte Jeanne d’Arc, imprégnant de son charisme, enregistrant diverses interviews et grand nombre d’images. L’équipe a eu la grande chance d’être accompagnée de sœur Marie de la Sagesse, une grande spécialiste sur la vie de Sainte Jeanne d’Arc, auteur du livre « Sainte Jeanne d’Arc ; Vierge, Reine, Martyre ».

Synthèses de Jacques Tremolet de Villers

Le philosophe Alain disait de l’aventure de cette jeune fille de Domrémy, chef de guerre, libératrice de son peuple et restauratrice de son Roi, qu’elle était « la plus belle histoire du monde ». Son historien, Philippe Contamine ajoutait « et le plus fort est que cette histoire est vraie ».

Peu de personnages historiques ont été autant étudiés que Jeanne d’Arc.
Elle a subi sept procès. Un qu’elle gagna à Toul, contre un jeune homme qui prétendait qu’elle devait l’épouser. Ensuite, à la demande du roi, elle fut soumise à l’examen de dames qui devaient dire si elle était vierge. Puis de théologiens, qui jugèrent qu’« il n’y avait en elle que du bon ». Puis, le Procès de Rouen qui la condamna, le procès de Paris qui annula le procès de Rouen, le procès de béatification, enfin le procès en canonisation, qui dura plus de cinquante ans.

Impossible de parler de légende ou de mythe.
Cette vérité a été écrite, au Procès de Rouen avec ses propres mots : « Dans mon pays, on m’appelait Jeannette », « J’ai appris de ma mère Pater, Ave Maria, Credo, je n’ai appris ma croyance de personne d’autre que de ma mère ». « Je connais très bien les douze articles de la Foi ».
De sa mère encore, elle apprit « à coudre panneaux de lin et à filer » et « ne craint femme de Rouen pour filer et coudre ». Elle fréquente l’église, assiste les pauvres. Elle va, avec les enfants du village, à l’arbre qu’on appelle le beau mai. Et répond en riant aux juges qu’elle n’y a jamais vu de fées. Elle pèlerine, aux jours de fête de la Sainte Vierge, à Notre Dame de Bermont. Elle se confesse à son curé, et, parfois à des religieux mendiants.

Au cœur de cette paix familiale et villageoise, elle entend une Voix.
Elle avait treize ans, l’âge de la nubilité pour les filles. « Et vint cette Voix / environ l’heure de midi / au temps de l’été / dans le jardin de mon père ». François Cheng dit de ce quatrain qu’il était « le plus beau de la langue française ». « Elle parle un Français de Christ », disait Jules Laforgue.

D’où lui venait ce si beau parler ?
Frère Seguin, juge à Poitiers raconte qu’il lui avait demandé si saint Michel parlait le Français, et comme il avait un fort accent du Limousin, elle lui répond « meilleur que le vôtre ! »
C’est de ses Voix, qu’elle tient ce si beau parler. « Cette voix est belle, et douce, et humble, et parle langage de France ». Ou encore « Et me disait l’ange la grande pitié qui est au royaume de France ». Celui qu’elle appelait « Gentil dauphin », lui donne douze mille hommes, douze mille écus et douze chevaux pour son équipage personnel.

Chef des armées à 17 ans, elle libère Orléans le 7 mai 1429.
Elle mène une campagne éblouissante dans la vallée de la Loire qui s’achève par la victoire écrasante de Patay, le 18 juin de la même année. Elle conduit Charles à Reims où il est sacré. À la messe, son étendard flottait plus haut que tous les autres, et quand les juges de Rouen le lui reprochent comme une marque d’orgueil, elle répond « Il avait été à la peine. C’était bien raison qu’il fût à l’honneur. » Elle chargeait, armée de son seul étendard pour éviter de tuer quelqu’un et elle a ce cri, étonnant pour un chef de guerre « Je n’ai jamais tué personne ! ». À quoi l’évêque rétorque « Mais enfin Jeanne, vous avez été dans des endroits où beaucoup d’Anglais furent tués », ce qui lui vaut « comme vous en parlez doucement ! Il n’avaient qu’à rentrer chez eux ».
Dans la salle, un seigneur anglais s’écrie « Quelle bonne femme ! Que n’est-elle anglaise ! »

Prisonnière à Compiègne, le 24 mai 1430, elle est traduite devant le tribunal pour le premier procès politique de l’histoire, du 21 février au 30 mai 1431. Son temps de prison aura été quasiment équivalent à son temps de gloire ; elle meurt en répétant six fois le nom de Jésus, et avant d’expirer dans les flammes, une dernière fois, dans un grand cri : Jésus !
La mission de Jeanne avait été précédée de la diffusion, dans toute la chrétienté d’un livre qui sera l’un des succès mondiaux de tous les temps « L’Imitation de Jésus-Christ ».

Jeanne est à l’imitation de Jésus-Christ. Comme le Fils est venu en ce monde, en roi martyr qui, par son sacrifice ramène l’humanité rachetée à la droite du Roi des Cieux, Jeanne est venue, à la demande du Ciel, ramener un royaume de la Terre, à la vraie lieutenance de Jésus-Christ.

Elle dit sans cesse que son roi, Charles est le lieutenant de Jésus-Christ qui est vrai roi de France. À l’imitation de Jésus-Christ, elle connaît la gloire de l’entrée à Jérusalem, puis la déréliction devant les juges qui sont évêques, théologiens, docteurs. Elle meurt dans l’ignominie absolue, abandonnée de tous, mais, après sa mort ses prophéties s’accomplissent. Sa vénération s’étend dans le peuple et dans la famille de France jusqu’à un retour en gloire, à la moitié de XIXe siècle, d’abord par des historiens libre penseurs et républicains, puis par des hommes d’Église, et, enfin, par une loi la décrétant Héroïne Nationale et sa canonisation la même année, il y a cent ans.

Avec les actes du procès de Rouen, les Français ont, non seulement « le plus pur et le plus émouvant chef d’œuvre de toute la littérature » mais aussi un véritable bréviaire du laïc auquel ils peuvent se nourrir chaque jour, en y puisant des leçons de mystique, et de politique dites avec la vivacité, le sourire jusque dans la souffrance et l’éclatant bon sens de cette jeune fille qui est l’incarnation la plus parfaite de l’âme de la France…

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Bibliographie
Francis Martinuzzi. In De Compiègne à Pierrefonds - Architectures monumentales et singulières Decitre.fr colonne_33]
Paul Daussy. In Le vieux Compiègne Gallica colonne_33]
JBF Lambert de Ballyhier. in Compiègne (…)

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