Mont Renaud

Plan de la chartreuse de Mont Renaud en 1675
Source : carlopolis.compiegne.fr
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Toponymie
La colline est attestée sous le nom de mont Hérimont au Moyen Âge, puis devient mont Saint-Louis au xive siècle, avant de devenir mont Renaud en hommage au fondateur de la chartreuse.
Histoire
Au Moyen Âge, le mont Renaud appartient aux Templiers. Renaud de Rouy, trésorier de Philippe le Bel, achète la propriété au xive siècle et y installe une communauté de Chartreux, qui fonde la chartreuse de Mont-Saint-Louis. Les bâtiments sont endommagés pendant les guerres des xve et xvie siècles et font l’objet d’importants travaux de reconstruction jusqu’au xviie siècle. Déclarée bien national au début de la Révolution française, la chartreuse est mise en vente et subit de très importantes démolitions. En 1802, alors que le site est propriété d’un certain M. Boileau, l’ancienne chartreuse est transformée par l’architecte François-Tranquille Gauché (1766-1846), ancien élève de Charles De Wailly, qui en fait le château du Mont-Renaud. Il lui est adjoint une ferme à la fin du xixe siècle.
Au printemps 1917, l’armée allemande quitte Noyon pour se replier sur la ligne Hindenburg. Le 21 mars 1918, au cours de l’offensive Michael, les troupes allemandes occupent de nouveau Noyon après la bataille de Noyon du 23 au 25 mars. Du 26 mars au 30 avril 1918, de violents combats se déroulent à proximité du mont Renaud provoquant la destruction de la ville de Noyon par les bombardements de l’armée française. Ces bombardements ont pour but de limiter les capacités logistiques de l’armée allemande afin de lui barrer la route de Paris par la vallée de l’Oise et de conserver un point d’observation sur la région à l’armée française. Le mont Renaud lui-même est totalement ravagé et son château totalement détruit. Le 57e régiment d’infanterie de ligne tient la position au prix de lourds sacrifices humains. Expulsées de Noyon après de durs combats de rue, les troupes françaises s’arc-boutent sur la colline du mont Renaud, à la sortie sud de la ville, sur la route de Compiègne. Il s’agit d’une position clé : les forces qui contrôlent la colline peuvent contrôler le site de Noyon. Le commandement français ordonne à l’artillerie d’effectuer le pilonnage systématique de Noyon. Le dernier jour d’avril 1918, la bataille de ce « Verdun noyonnais » s’achève. À vingt-trois reprises, les Stosstruppen, les troupes d’assaut allemandes, se lancent à l’assaut de la colline. À chaque fois, elles sont repoussées. Le 57e R.I. laisse 721 de ses 2 000 hommes sur les pentes du mont Renaud. L’ultime assaut du 30 avril, contré par le 123e R.I. venu relever le 57e, provoque la mort de 369 hommes en une seule journée.